Lycée Chateaubriand de Rome

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Publié : 26 janvier 2009
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Qu’est-ce qu’un Juste ?

les Justes parmi les Nations sont les individus et les groupes qui sont venus au secours des Juifs persécutés pendant la 2ème guerre mondiale.

Qu’est-ce qu’un Juste ?

« Juste parmi les Nations » (en hébreu : חסיד אומות העולם, Hasid Ummot Ha-Olam) est une expression du judaïsme traditionnel tirée du Talmud.

En 1953, l’assemblée législative de l’État d’Israël (la Knesset), en même temps qu’elle créait le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d’honorer « les Justes parmi les Nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs ». Au 1er janvier 2007, 21 758 Justes parmi les Nations de 41 pays ont été honorés.

La création du titre de Juste parmi les Nations

Le processus de création dans l’ordre juridique israélien.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans les années 1950, prend corps en Israël la volonté de commémorer les martyrs de la Shoah. En mars 1953, le gouvernement israélien dépose à la Knesset un « projet de loi sur la commémoration des martyrs et des héros - Yad Vashem ». C’est lors de débats par un amendement au projet qu’est ajouté une référence aux « Justes parmi les Nations », non-Juifs qui ont risqué leur vie pour venir en aide à des Juifs. la notion de Juste entre dans le champ légal et politique par la loi du 19 août 1953.

Mais ce n’est qu’à partir de 1963, comme une des conséquences du procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem qui entend faire la lumière sur les comportements pendant la guerre et distingue entre les attitudes des différents pays, institutions et communautés ceux qui ont agi pour sauver des Juifs, que Yad Vashem enclenche une politique active d’identification de ces « Justes ».

La signification politique de cet hommage

Yad Vashem estime que l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations revêt une signification éducative et morale :

Israël a l’obligation éthique de reconnaître, d’honorer et de saluer, au nom du peuple juif, les non-Juifs qui, malgré les grands risques encourus pour eux-mêmes et pour leurs proches, ont aidé des Juifs à un moment où ils en avaient le plus besoin.

Les actes des Justes prouvent qu’il était possible d’apporter une aide. L’argument selon lequel l’appareil terroriste nazi paralysait les initiatives contraires à la politique officielle est démenti par l’action de milliers de personnes de tous les milieux qui ont aidé les Juifs à échapper à la Solution finale.

Octroi de la distinction

Depuis 1963, une commission présidée par un Juge de la Cour suprême d’Israël a été créée pour décerner le titre de « Juste parmi les Nations ».

La commission respecte des critères précis et doit établir la reconnaissance d’un Juste avec plusieurs témoignages concordants, des faits probants tels que : le fait d’avoir apporté une aide dans des situations où les Juifs étaient impuissants et menacés de mort ou de déportation vers les camps de concentration. le fait d’avoir été conscient qu’en apportant cette aide, le sauveteur risquait sa vie, sa sécurité ou sa liberté personnelle, les nazis considérant l’assistance aux Juifs comme un crime. le fait de n’avoir recherché aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l’aide apportée.

Conséquences de ce choix

Une personne reconnue comme un « Juste » se voit octroyer une médaille à son nom, un certificat officiel et son nom est gravé sur le Mur d’Honneur dans le Jardin des Justes à Yad Vashem. Cette inscription remplace la plantation d’un arbre faute de place dans le mémorial. Ces symboles sont remis au « Juste » ou à ses représentants lors de cérémonies publiques. Un Juste reçoit un versement mensuel au niveau du salaire moyen d’Israël. Diverses aides sanitaires et sociales lui sont accordées ainsi qu’à son époux(se). Le « Juste » qui est en difficulté - où qu’il réside - sera aidé par La « Fondation juive pour les Justes », établie à New York (États-Unis) créée à cet effet. Le Fonds Anne Frank, établi à Bâle (Suisse) prend en charge les frais médicaux. Les « Justes » établis en Israël (57 personnes et leurs familles) reçoivent une pension d’État.

Quelques noms connus

Parmi les 2 700 Justes honorés en France, différents groupes sont mis en exergue. Un dictionnaire des Justes de France, comportant plus de 2 000 noms, a été publié en 2003.L’analyse de ces noms montre une très grande diversité des conditions sociales et des métiers mais avec une prédominance notable de femmes (60 % des occurrences).

À travers l’Europe, quelques-uns des « Justes » plus connus montrent également qu’ils relèvent d’origine et de condition très diverses :_* Communautés ou réseaux

le village de Justes : Le Chambon-sur-Lignon dont la population de 3 000 habitants a été honorée collectivement pour avoir sauvé entre trois et cinq mille Juifs ;

Żegota était le nom de code de la Commission d’Aide aux Juifs (Rada Pomocy Żydom), une organisation clandestine en Pologne entre 1942 et 1945. Żegota sauva environ 75 000 Juifs polonais et délivra plus de 60 000 fausses identités et documents pour dissimuler les Juifs dans la population. Elle opérait dans la Résistance intérieure sous la tutelle du gouvernement polonais en exil ;

la résistance danoise qui, en 1943, met à l’abri en Suède l’ensemble de la communauté présente au Danemark. _* Diplomates

Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal qui délivra des visas à Bordeaux, sauvant près de 30 000 personnes ;

Varian Fry qui, depuis Marseille, aida plus de 2 000 Juifs et militants anti-nazis (en particulier des intellectuels) à s’enfuir vers les États-Unis ;

Sugihara Chiune, consul du Japon en Lituanie en 1940, qui délivra des milliers de visas à des Juifs qui purent ensuite traverser l’Union soviétique et sauver leur vie ;

Raoul Wallenberg, diplomate suédois qui a sauvé entre 20 000 et 100 000 personnes à Budapest ;

Aracy Guimarães Rosa, agent de chancellerie brésilienne à Hambourg, épouse de l’écrivain João Guimarães Rosa. _* Personnalités politiques

Paul Ramadier, président du Conseil français (1947), et sa femme Marguerite ;

Olivier de Pierrebourg, député de la Creuse (1951-1973) ;

Pierre Merli, responsable de l’Union démocratique et socialiste de la Résistance, sénateur puis député ;

Władysław Bartoszewski, résistant, opposant au communisme, ministre et sénateur polonais ;

Vytautas Landsbergis, père de son homonyme, le premier président de la Lituanie après la dislocation du bloc soviétique.

Mohammed V, sultan puis roi du Maroc (1909-1961), refusant de mettre la politique antisémite du gouvernement de Vichy. _* Religieux

L’abbé Joseph André, plaça de nombreux enfants juifs dans des familles rurales des environs de Namur (Belgique).

L’abbé Pierre Bockel, prêtre alsacien, sauva plusieurs familles juives.

le père Pierre Chaillet, fondateur des Cahiers du Témoignage chrétien ;

le prêtre Théomir Devaux, résistant et protecteur de Juifs dans la Sarthe.

Le cardinal Pierre Gerlier, cardinal de Lyon.

L’abbé Alexandre Glasberg sauva des milliers de Juifs.

Jean-Baptiste Janssens, jésuite belge, plus tard Supérieur Général des jésuites.

le Père Marie-Benoît, surnommé Le père des Juifs qui protégea des milliers de Juifs à Marseille, Nice puis Rome.

le pasteur André Trocmé, fondateur du Collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon ;

le cardinal Saliège, archevêque de Toulouse _* Chefs d’entreprises, enseignants et des individualités

Oskar Schindler, chef d’entreprise allemand, et son épouse Emilie qui ont sauvé plus de 1 100 personnes en les faisant travailler dans sa fabrique d’émail et de munitions située alors en Pologne (actuellement en République tchèque) ;

André Romanet, instituteur à Salles-Arbuissonnas-en-Beaujolais ;

Giorgio Perlasca, homme d’affaire italien bloqué à Budapest, qui sauva 5 000 personnes en se faisant passer pour le consul d’Espagne ;

Irena Sendlerowa qui a contribué à sauver 2 500 enfants du ghetto de Varsovie ;

la Comtesse Erszébet Maria Luiza Antoinetta Szapari, née le 2 juin 1902 à Budapest (Hongrie) et décédée le 26 mai 1980 à Lausanne (Suisse). Le certificat d’honneur de Yad Vashem lui a été décerné à titre posthume le 12 novembre 1998 pour avoir sauvé des Juifs avec la Commission hungaro-polonaise des réfugiés fondée en 1940. Elle était l’amie intime de Katalin Andrássy femme de l’ancien président de la République de Hongrie Mihály Károlyi ;

Tadeusz Pankiewicz pharmacien polonais a activement aidé les juifs du ghetto de Cracovie. Sa pharmacie s’était retrouvée en plein milieu du ghetto, il a été le seul non juif à rester dans le ghetto et à tenir ouverte sa pharmacie jusqu’au jour de la liquidation. Tadeusz Pankiewicz a relaté sa terrible expérience dans un livre (La pharmacie du ghetto de Cracovie). La pharmacie abrite aujourd’hui le musée du ghetto dans le quartier de Podgórze à Cracovie ;

Hermann Friedrich Graebe ingénieur allemand en poste en Ukraine est le témoin d’un massacre de masse perpétré contre des juifs à Dubno. Il devient un farouche défenseur et sauve de très nombreux juifs. Il émigre aux États-Unis après la guerre et soutiendra la cause des juifs jusqu’à sa mort.

Les Justes par pays

Au 31 janvier 2008, les Justes parmi les Nations sont 22 211.

Pays d’origine Nombre de Justes

Pologne 6 066 Pays-Bas 4 863 France 2 833 Ukraine 2 213 Belgique 1476 Hongrie 703 Lituanie 723 Biélorussie 587 Slovaquie 478 Allemagne 455 Italie 442 Grèce 279 Serbie 127 Russie 124 République tchèque 118 Croatie 106 Lettonie 111

Post-scriptum

source : wikipedia