Lycée Chateaubriand de Rome

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Publié : 26 janvier 2009
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L’antisémitisme dans les années 1930

L’antisémitisme phénomène ancien à cause de la crise économique qui commence en 1929, des succès du parti nazi et de son chef Adolf Hitler se propage massivement en Europe et en France dans les années 1930.

Les origines de l’antisémitisme

“Antisémitisme” signifie racisme envers les juifs. Tout au long de l’histoire, on retrouve certains préjugés, suivis de discriminations voire de persécutions, envers eux. On ignore à quoi cette méfiance qui souvent se transforme en haine, est due : ignorance ? Jalousie ? L’argument le plus souvent porté à leur encontre est qu’ils sont responsables de la mort de Christ : c’est ce qu’affirma Hitler dans « Mein Kampf », c’est aussi ce que dira l’extrême droite française lorsqu’elle attaquera Le Front Populaire et Léon Blum. La « Juiverie internationale » est aussi accusée de tenir les rênes de l’économie du monde de la finance (en effet, beaucoup de banquiers sont juifs) et de vouloir prendre le contrôle, en quelque sorte, du monde. C’est l’idée de « complot », qui a toujours tant plu à l’extrême droite.

L’Affaire Dreyfus

Si l’antisémitisme a toujours été un sentiment diffus en Europe (« pogroms », attaques à l’improviste contre les Juifs polonais, par exemple, ou autodafés de l’Eglise Catholique), l’un des exemples les plus éclatants de cette haine est l’affaire Dreyfus. A la fin du XIXeme siècle, la France est divisée en deux : les Dreyfusards (les intellectuels, dont Emile Zola, qui soutiennent le capitaine, accusé à tort d’avoir livré des renseignements militaires à l’ALL) et les Anti-Dreyfusards (extrême droite et racistes en tous genres). La manière dont le gouvernement a tenté d’étouffer l’affaire et de sacrifier Dreyfus, montre bien que l’antisémitisme était très développé. La propagande antisémite fut largement relayée par l’Action Française mouvement fondé en 1899 pendant l’affaire Dreyfus, avec à sa tête Charles Maurras. Son idéologie va à l’encontre de tous les idéaux de la Révolution française : il est anti -démocratique, monarchiste et antisémite. Tout ce qui est allé de « travers », un jour, dans l’Histoire française, est imputé aux Juifs, qui aurait été la communauté à avoir tiré le plus grand profit de la Révolution française. L’Action Française compte parmi ses plus fervents adeptes des intellectuels, des militaires, des membres du clergé, des commerçants et des employés de bureau. L’Eglise catholique, qui n’a jamais été en faveur des idéaux de la Révolution française, soutient ouvertement l’antisémitisme, au travers des journaux catholiques La Croix et Le Pèlerin, diffusés au total à 500.000 exemplaires environ. Cependant, après la Première Guerre mondiale et la victoire française, l’Action Française voit le nombre de ses partisans décliner.

La crise économique et le renouveau de l’antisémitisme dans les années 1930

Mais la crise économique de 1929 marque le retour de l’antisémitisme en tant que mouvement politique, qui, fait notable, se fraie même un chemin dans la classe ouvrière, pourtant traditionnellement de gauche. En janvier 1934, le suicide du courtier juif russe Stavisky et les révélations au sujet de ses liens avec des politiciens corrompus provoquent de graves émeutes antisémites, ainsi qu’une tentative de coup d’Etat contre le gouvernement. Tout au long des années 30, la France est inondée d’un raz-de-marée de publications antisémites, qui pavent le chemin, en définitive, à la collaboration avec les Nazis sous Vichy.

C’est aussi l’évolution de la politique intérieure allemande qui fait de l’antisémitisme un thème politique majeur . En 1933 Hitler prend le pourvoir en Allemagne. Il avait déjà exposé ses idées dans le traité « Mein Kampf ». Selon lui, les juifs représentent une race inférieure, tout comme les tziganes, en opposition à la race aryenne (pure) allemande, qu’il faut neutraliser.

Les théories raciales des nazis

Les théories raciales des nazis sont fondées sur des études pseudo-scientifîques du XIXeme siècle. Influencées par des idées mystiques et romantiques, ces tendances politiques rejettent les principes de l’égalité et de l’humanité commune proposés au Siècle des Lumières. Au coeur de l’idéologie national-socialiste se situe l’idée de la « race », constituée de gens du même « sang », partageant une même culture et un même territoire. Les races luttent entre elles pour conquérir territoires et pouvoir ; seules les plus fortes survivent. Seules les races « pures », qui ne se métissent pas avec des groupes « inférieurs », sont capables de créer des civilisations durables. Au sein de la « race blanche », les « Aryens » forment l’élite, une « race supérieure » destinée à asservir des races inférieures comme les slaves et à régner sur elles. Cependant, pour accomplir leur destin historique, les Allemands doivent d’abord se débarrasser des idées politiques et culturelles « étrangères », et se purger de tout « sang inférieur ». Les juifs allemands sont les premières victimes du programme de « purification raciale ». Sous l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, les juifs d’autres pays et les slaves « racialement inférieurs » sont englobés dans la « restructuration raciale » de l’Europe. Certains peuples, comme les autres nations aryennes du Nord et de l’Ouest de l’Europe, pourront éventuellement être persuadés d’accepter la domination allemande ; mais il y a un groupe qui doit être totalement éliminé : les Juifs.

Le Front Populaire, Léon Blum et l’antisémitisme.

La victoire du Front populaire en 1936, fait pour la première fois accéder un Juif à la tête du gouvernement Français, Léon Blum, mais il est très vite qualifié de Juif voulant favoriser ses « congénères ». On remarque que les Juifs sont souvent accusés d’être communistes, et d’être des grands capitalistes, idée reprise par Hitler. Pour arriver au pouvoir, et rassembler les mécontents, rien de tel que de trouver un bouc émissaire. Les Juifs sont donc rendus responsables de tous les maux : défaite de la 1ere guerre mondiale, traité de Versailles, crise économique…En France la presse d’extrême droite attaque Léon Blum :

"Pour la première fois, la France subit la honte d’être gouvernée par un ministère dont le chef est un juif –et quel juif ! Plein de haine pour tout ce qui est français et national, Léon Blum considère la race juive comme une race élue et supérieure, et il n’agit et n’agira que pour assurer le triomphe de la race maudite depuis le calvaire du Christ. HUMILIATION SANS PRECEDENT pour la France. Mais les Français auront leur revanche, et déjà l’antisémitisme, qui était en sommeil depuis quelques années, tend à se réveiller en France comme en Allemagne."

D’après L’action française mensuel, juin 1936.

Cet article est une violente diatribe contre le chef du gouvernement, Léon Blum. Il s’en prend, non à ses idées politiques et à ses réformes, mais à l’homme lui-même et en particulier à sa religion. Il lui reproche d’être juif et de considérer les autres juifs comme « une race élue et supérieure. L’argument utilisé à l’encontre des juifs, selon lequel ils auraient tué et crucifié le Christ, n’est pas nouveau : de tout temps, cette accusation a été lancée et elle est clairement antisémite. L’auteur se félicite de ce que le « racisme religieux » se développe de plus en plus en France et en Allemagne et , loin d’en avoir honte, le revendique même clairement.