Lycée Chateaubriand de Rome

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Publié : 26 janvier 2009
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Camus au Chambon-sur-Lignon

La rédaction de la peste

Camus

En raison d’une tuberculose, Albert Camus décide d’aller dans la région du Chambon-sur-Lignon, sur Le Plateau, au début des années 40. Ici sur la terrasse d’une villa il consacra son temps au repos ainsi qu’à la correction des épreuves de son dernier livre L’homme révolté. Dans cet isolement, il commença fin décembre 1943 une premiére ébauche de La peste.

On peut donc penser que l’engagement des hommes et des femmes du Chambon a nourri ce qui deviendra, en 1947, année de sa publication, La peste.

"Je veux exprimer au moyen de la peste l’étouffement dont nous avons tous souffert et l’atmosphère de menace et d’exil dans laquelle nous avons vécu. Je veux du même coup étendre cette interprétation à la notion d’existence en général. La Peste donnera l’image de ceux qui dans cette guerre ont eu la part de la réflexion, du silence - et celle de la souffrance morale."

Situé dans la ville d’Oran, an Algérie, en 194., le roman raconte comment une épidémie soudaine de peste, en quelques jours, isole complètement la ville du reste du pays. Certains individus comme le docteur Rieux et le journaliste Rambert décident de rester pour combattre la maladie et y mettre fin.

Plus tard dans une lettre à Roland Barthes du 11 janvier 1955, Camus dira :

« La peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs pistes, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. »

La peste représente donc une claire allégorie de la peste brune du nazisme et de la situation française pendant l’occupation. Le thème principal est celui de l’isolement de la ville et de la division entre les vieux et les jeunes, allusion aux systèmes employés dans les camps.

Ainsi, les problèmes de logistiques pour disposer les cadavres :

« Et réellement, les feux de joie de la peste brûlaient avec une allégresse toujours plus grande dans le four crématoire »

Et, en comparaison avec les enterrements à charrettes des anciennes pestes :

« C’est le même enterrement mais nous nous faisons des fiches. Le progrès est incontestable. »

Mais le roman exprime aussi la lutte et la résistance de ceux qui, comme le journaliste Rambert ou le médecin Rieux, luttent contre l’avancement de l’Occupation.

Ainsi, Camus fait dire à Rambert le journaliste :

« Je sais que je suis d’ici, que je le veuille ou non. Cette histoire nous concerne tous. »

Et surtout, il met dans la bouche du médecin Rieux, figure allégorique du Juste dans le roman, les paroles suivantes :

« Il ne s’agit pas d’héroïsme dans tout cela. Il s’agit d’honnêteté. C’est une idée qui peut faire rire, mais la seule façon de lutter contre la peste, c’est l’honnêteté. »